Wikileaks, Bankrun 2010, Plan C : ce que nous permet (encore) internet

Posté par calebirri le 12 décembre 2010

Dans un précédent article, j’ai déjà fait mention du potentiel d’internet, un outil révolutionnaire capable de diffuser la propagande gouvernementale partout et tout le temps, comme de permettre l’éclosion d’une révolution des mentalités susceptible de faire trembler la plupart des gouvernements.

 

Or il se trouve qu’aujourd’hui la véritable guerre pour (ou contre c’est selon) la liberté ait déjà commencé sur internet, et qu’elle tourne (pour l’instant du moins) à l’avantage des peuples. Il est à ce propos intéressant de constater à quel point « les peuples » semblent aujourd’hui mener cette guerre sur deux fronts qui se mélangent naturellement, j’ai nommé la classe politique et l’oligarchie financière. L’illusion que ces deux organes travaillent au bien être des peuples est en train de tomber, et il ne m’étonnerait guère que ceux-ci finissent rapidement par se mettre d’accord sur l’adoption rapide de mesures coercitives de surveillance et de contrôle de la toile, comme avec le traité ACTA.

 

Car ce à quoi on assiste en ce moment est tout de même assez incroyable : en quelques jours à peine se rejoignent pour moi les trois facteurs déterminants capables de pousser les peuples à se révolter.

 

Tout d’abord il y a la mise en lumière des mensonges de nos dirigeants à travers l’affaire Wikileaks, qui ouvre la voie à la possibilité d’un grand déballage « protégé », puisque les sources sont (du moins paraît-il) à l’abri de toute menace. Et bien qu’apparemment les révélations diffusées ne concernent que quelques informations « mineures », le fondateur de ce site est désormais un homme « à abattre ». Car au delà de ces révélations, c’est tout le système occulte qui nous gouverne qui se trouve en danger : à partir du moment où ce genre d’actions est possible, les gouvernements ayant peur de voir leurs petites « combines » dévoilées vont se dépêcher d’adopter des législations les empêchant de se reproduire. D’autant qu’à cette occasion on devra aussi sans doute s’interroger sur la « libre circulation des personnes », car ce monsieur qui voyage beaucoup mais dont les infos sont stockées n’importe où est presque insaisissable… comment fermer la porte sans fermer la fenêtre ? Qu’adviendrait-il si les citoyens se rendaient compte qu’il est possible de dénoncer les exactions de leurs dirigeants sans risquer de se voir punir ? ce sont toutes les ficelles du système qui seraient à terme visibles par tout un chacun… ainsi peut-être que la fin de la domination de quelques uns sur le plus grand nombre.

 

Ensuite il y a le fameux « Bankrun » organisé le 7 décembre, et qui en moins de deux mois a déjà franchi de nombreuses frontières. Comment un tel mouvement aurait-il pu se diffuser se rapidement, si loin et si fort sans internet ? Ces réseaux sociaux que tout le monde critique, ces blogs que tout le monde croit éphémères, ces happening que tous jugent stupides, ces twitts que l’on dit inutiles peuvent en fait se révéler être des armes libératrices, pour peu qu’on les utilise en ce sens. Comme une sorte de « bouche à oreille » virtuel, les informations pour le rassemblement citoyen et engagé vont aussi vite que les nouvelles de la rupture de telle ou telle star, et sont véritablement capables de faire changer le rapport de force qui oppose le peuple à ses dirigeants. Et en ces temps de crise, alors qu’on demande d’encore plus grands sacrifices à ceux qui souffrent déjà, l’internet a de quoi effrayer les gouvernements les plus sûrs d’eux.

 

Et enfin on trouve aussi sur la toile de nombreuses initiatives destinées à la mise en place d’alternatives plus ou moins utopiques pour remplacer le système actuel, un peu dans le genre de celles que je voulais voir fleurir ici, et qui ne pourraient exister autrement que grâce à internet. Pour ceux qui me lisent régulièrement, vous devez savoir à quel point la tenue d’Etats Généraux pour une nouvelle constitution me tenait à coeur, et il se peut que le site que j’appelais de mes voeux existe déjà, et depuis un moment : il s’appelle le Plan C, et appelle à la participation de tous à la reprise en main de notre destinée commune, à travers la rédaction d’une nouvelle constitution véritablement démocratique. J’en reparlerai bientôt ailleurs, mais une chose est déjà sûre : c’est que sans le support exceptionnel que nous fournit internet, de telles initiatives seraient impossibles, et nous serions bien alors coincés pour de bon.

 

Car en effet sans internet libre il devient impossible de s’informer « autrement » (sans la censure), de dénoncer les injustices, de diffuser ces informations, de se rassembler pour réfléchir, et aussi pour agir. En quelques jours nous est démontrée la puissance d’internet, le seul média libre qui existe encore, et qu’il faudra protéger à tout prix. L’internet rend possible d’éveiller les consciences endormies de propagande en les informant des actions de leurs dirigeants, qui ainsi discrédités se voient affaiblis. Il permet ensuite de rassembler les mécontents qui discutent des moyens de revendiquer leurs désaccords avec le gouvernement, et ouvre enfin des perspectives sur la manière d’organiser la société d’une autre manière, plus juste et plus démocratique. Tous les ingrédients d’une révolution citoyenne, pacifique et légitime sont réunis ici, sur internet. Conservons le pouvoir sur ce dernier espace de liberté qui nous est encore accordé, et utilisons-le à bon escient. Mais ne nous réjouissons pas trop vite de nos victoires : la riposte des ennemis de la liberté ne tardera pas…

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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