Changer la République, par Bernard29

Posté par calebirri le 26 décembre 2010

Je vous souhaite bon courage pour réunir les 4,5 millions de signatures et aussi ^popiur passer le filtre du parlement.

Depuis 2006, je me bats pour un pacte démocratique et voici ce que je propose dans le cadre des présidentizelles de 2012.

Pour un nouvel âge démocratique

Les seules prétentions de ce pacte démocratique 2012, pour les présidentielles, sont ;

- de favoriser la participation électorale et le développement de l’esprit civique
- d’assurer un renouvellement constant du personnel politique
- de clarifier les fonctions des élections nationales (présidentielle et législatives)
- d’instiller des éléments de démocratie directe et d’instaurer un contre pouvoir citoyen.

Il s’agit d’un pacte proposé aux candidats à la présidentielle qui s’engageront à faire un référendum constitutionnel par l’article 11, après l’ élection. Car même si le parlement est en capacité de rénover la démocratie, il ne le fera pas. C’est entendu.

12 propositions pour 2012

1) Non cumul des mandats
Art 1) – « Les mandats nationaux, régionaux et départementaux, ne peuvent se cumuler qu’avec le simple mandat de conseiller municipal».
Art 2) – « Nul ne peut être éligible à plus de deux mandats successifs pour la même fonction hormis celle de conseiller municipal ».

2) Calendrier électoral
les législatives se dérouleront au mi-terme de la mandature présidentielle.

3) Dose de proportionnelle à l’Assemblée Nationale
(permettre l’expression des minorités au parlement)

4) Statut de l’élu ;
(éligibilité, indemnités, conflits d’intérêt et modalités..)

5) Un Sénat citoyen
en remplacement du Sénat actuel et du CES national (supprimés)
(rôles de contrôle, d’information, d’études et d’enquêtes, avis)
(sénateurs tirés au sort entre les parmi les conseillers municipaux de base)

6) Renforcement des pouvoirs des Cours des Comptes
(contrôle et suivi – travail en liaison avec les Chambres des citoyens)

7) Référendum d’initiative citoyenne
(organisé pendant l’élection présidentielle sur les sujets des pétitions ayant obtenues au moins 1 à 1,5 millions de signatures)

8) Reconnaissance du vote blanc
si à un scrutin, on obtient 50 % de votes blancs, le scrutin sera à refaire

9) Réforme des institutions décentralisées
Création d’une Chambre des citoyens à chaque niveau (région, département, ville). Fonctions de contrôle et d’information. A la Région en remplacement du CESR, membres tirés au sort parmi les conseillers municipaux de base. Ville et Département, parmi les électeurs volontaires du corps électoral correspondant.

10) Référendum locaux
à l’occasion des élections, référendums sur les questions d’intérêt local ayant fait l’objet de pétitions recueillant des signatures d’au moins 5 % du corps électoral correspondant.

11) Maisons de citoyens et de la participation civique.
(dans chaque ville, avec une politique de sensibilisation et de formation aux droits et devoirs du citoyen, aux libertés publiques, aux contrôles démocratiques.

12) Droit de vote aux étrangers aux élections locales
(étrangers en situation régulière en France depuis plus d’un an)

mon blog ; http://changerlarepublique.over-blog.com/

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NOUS VOULONS LA DEMOCRATIE, PAS LES PRESIDENTIELLES par Michel Peyret

Posté par calebirri le 21 décembre 2010

 

Michel Peyret 17 décembre 2010

Merci de signer et de faire signer le texte ci-dessous :

NOUS VOULONS LA DEMOCRATIE, PAS LES PRESIDENTIELLES ! ( projet de texte )

Nombre d’entre-nous parmi les plus âgés ont, en 1958 et en 1962, répondu à l’appel du PCF et ont dit NON lors des référendums qui visaient à faire avaliser les institutions de la 5ème République, dont l’élection du Pt de la République au suffrage universel.

Pour eux, il s’agissait de dire NON à l’instauration d’un pouvoir personnel au service de la classe capitaliste. D’autres disaient que ces institutions visaient à installer une sorte de monarchie élective. Et rappelons-nous de celui qui parlait de « coup d’Etat permanent ».

En matière de coup d’Etat, la continuité, comme en d’autres domaines, est bien assurée ! En 2005, le peuple français a majoritairement récusé les institutions européennes regroupées dans le TCE. La majorité des forces politiques a ignoré ce vote, l’a en quelque sorte considéré comme illégal et une nouvelle mouture du TCE, le traité de Lisbonne a été approuvée par la majorité des députés et sénateurs. Ainsi, la majorité des représentants du peuple a voté contre les décisions du peuple souverain. C’est bien un coup d’Etat qui a été perpétré contre la souveraineté du peuple. Et depuis Victor Hugo on sait que le coup d’Etat ne peut être accepté, c’est un crime !

Depuis 2005, à la faveur des institutions maintenues, en permanence des décisions contraires aux intérêts du peuple ont été prises. Dernièrement encore, le projet de réformes des retraites a été adopté alors que plus de 70% d’entre-nous demandaient son retrait pur et simple. Et 72% d’entre-nous considérons le capitalisme comme négatif ! Aussi les élections prévues par les institutions de ce système sont-elles de plus en plus massivement boycottées, entre autres manifestations d’opposition.

Les gérants de « droite » et de « gauche » du capitalisme prennent peur. Ils précipitent les préparatifs de la prochaine élection présidentielle, veulent mettre le peuple français devant le fait accompli de la perpétuation du système dont le peuple ne veut plus. Car la preuve a été faite depuis 1958 que ces élections préfabriquées ne permettent pas de rompre avec le système et ses malfaisances qui se perpétuent.

Ce système a fait son temps. L’urgent, aujourd’hui, c’est d’en finir avec ces démocraties dévoyées ! L’urgent, aujourd’hui, serait de prendre les décisions qui permettraient pleinement au peuple d’assumer le plus démocratiquement possible ses responsabilités ! L’urgent, aujourd’hui, c’est d’instaurer une véritable souveraineté populaire permettant au peuple de décider véritablement de son avenir.

NOUS, SOUS-SIGNES, EXIGEONS QUE LE DEBAT NATIONAL SOIT ENGAGE SUR CES IDEES : ( nom, prénom, qualités…) ( michel.peyret@gmail.com )

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Bankrun 2010 : que va-t-il se passer le 7 décembre ?

Posté par calebirri le 12 décembre 2010

Si vous pensez à la sortie d’un nouveau jeu vidéo, c’est sans doute que vous regardez trop la télé, mais que vous n’avez pas retenu son titre. Mais si vous pensez à retirer votre argent de la banque, c’est qu’alors quelque chose est très certainement en train de se produire. Surtout si vous y pensez non pas pour soutenir le mouvement, mais bien parce que vous commencez à vous demander comment faire si cela se produisait vraiment.

 

Et oui, petit à petit l’idée fait son chemin… par sur mon blog bien sûr, mais ailleurs, un peu partout sur la toile. Mais il se pourrait bien que cette idée se réalise tout de même, et c’est tant mieux !

 

Mais il faut revenir sur cette affaire, qui représente parfaitement le potentiel d’internet et des réseaux sociaux, le ras-le-bol des peuples, la force du nombre, la stupidité du système… et par dessus tout sa fragilité. Car si tout se passe comme je l’avais imaginé, alors la peur seule suffira à créer la panique du système financier, qui pourrait s’avérer fatale non pas du fait des retraits massifs, mais bien plutôt d’une médiatisation qui la rendrait potentiellement “véritable”.

 

Je voudrais cependant attirer l’attention sur “l’après-7 décembre”, au cas où une telle initiative marcherait : exiger une banque citoyenne, comme le font les deux auteurs du “manifeste” en question, est à mon avis la plus grosse des erreurs : une banque ne peut pas être citoyenne. Elle peut être moins pire, mais pas “bonne”. Il ne faut pas se tromper de combat. C’est le capitalisme dans son ensemble qu’il faut combattre, car les banques ne sont que les fruits naturels de ce système. Ce qu’il faut donc exiger n’est pas la fin des “méchants” capitalistes, mais la fin du capitalisme tout court. Et nous n’en sommes pas encore là.

 

Car il faut bien se rendre compte des conséquences induites par un tel mouvement : mettre en péril un système financier déjà fragile est une action importante qu’il ne faut pas prendre à la légère. La paralysie créée par ce mouvement n’a pas vocation à fragiliser encore plus les plus faibles, d’autant qu’on ne sait pas encore comment réagiront et les autorités bancaires, et les autorités de l’Etat.  Quand j’évoquais “la peur des banques”, il ne s’agissait pas de créer le chaos, mais plutôt d’exercer une sorte de chantage destiné à faire prendre conscience et au peuple de la force qu’ils représentent quand ils sont unis, et aux gouvernants que leur pouvoir et leur argent ne provient que de nous, les “petits”.

 

Voilà pourquoi le 7 décembre il ne faut pas gâcher notre “coup d’avance”, celui dont je parlais dans “une grève générale pas comme les autres“. Ce mouvement ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt le début de “quelque chose”. Il ne doit pas “saboter” un système que nous ne savons pas par quoi remplacer, mais servir au retour de l’imposition de la volonté du peuple, pour qu’on lui trouve une alternative.
Quand nous serons face à notre guichet de banque le 7 décembre, il ne faut pas croire que les banques vont se laisser “détrousser” comme cela, sans réagir : ils peuvent fermer les guichets, sécuriser les entrées, interdire les retraits, pénaliser les découverts… et une fois l’argent retiré, que fera-t-on le mois suivant ? il est un peu trop tôt pour crier victoire et se laisser déborder par ce doux rêve d’un monde où les banques font faillite, car elles nous entraineront avec elles…

 

Alors que bien organisée, cette action peut tout à fait être beaucoup plus productive : imaginez que le 7 décembre ne soit qu’une mise en garde, un ballon d’essai destiné à prendre le contrôle des évènements. Tous allons retirer nos espèces au guichet, mais pas seulement. Il faut prévenir que cette action n’est pas un coup d’épée dans l’eau, mais un avertissement lancé non pas seulement aux banques, mais au gouvernement lui-même. Il faut qu’il sache que nous savons désormais par quel moyen l’attaquer, et que nous pouvons à tout moment reproduire la chose….

 

Il n’y aura qu’à regarder les cours de la bourse ce 7 décembre. Que les centaines de milliers de personnes qui chaque jour subissent les flux et reflux du CAC40 à la télé ou à la radio se réjouissent ce jour-là, pour constater les fruits de leur victoire. Qu’ils comprennent que le jeu du système n’est pas mathématique mais psychologique : nous pouvons leur faire peur, et cette peur peut suffire à les faire tomber.  Et si toutefois ce mouvement se produisait réellement, alors les cours chuteront. Inévitablement. Et cela sera le signe qui permettra d’une part de montrer à tous les peuples des autres nations qu’il est possible de se révolter, et d’une autre que nous pouvons changer les choses nous-mêmes, sans attendre des miracles qui n’arriveront pas.

 

Ce sera alors le moment de faire marcher le chantage dans le sens inverse de d’habitude, et d’exiger du gouvernement ou sa démission, ou de sa soumission aux désirs du peuple. Nous pourrons alors demander l’arrêt des réformes injustes qui nous oppressent de plus en plus, ainsi que la mise en place de comités de réflexion destinés à nous proposer d’autres solutions. Nous pourrons faire valoir nos droits à une véritable démocratie, et réclamer la tenue des Etats généraux, de la création d’une assemblée constituante, pour une nouvelle constitution plus juste et plus humaine. En cas de refus, il sera possible de remettre en route un nouvel appel, avec encore plus de poids.

 

Alors le peuple aura retrouvé sa liberté, et sa dignité : il aura repris sa destinée en marche, et pourra éclairer le chemin des autres, tous ceux qui comme nous, ne veulent plus supporter les injustices du monde comme il va. Le 7 décembre ne doit pas être une fin, mais un commencement.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Wikileaks, Bankrun 2010, Plan C : ce que nous permet (encore) internet

Posté par calebirri le 12 décembre 2010

Dans un précédent article, j’ai déjà fait mention du potentiel d’internet, un outil révolutionnaire capable de diffuser la propagande gouvernementale partout et tout le temps, comme de permettre l’éclosion d’une révolution des mentalités susceptible de faire trembler la plupart des gouvernements.

 

Or il se trouve qu’aujourd’hui la véritable guerre pour (ou contre c’est selon) la liberté ait déjà commencé sur internet, et qu’elle tourne (pour l’instant du moins) à l’avantage des peuples. Il est à ce propos intéressant de constater à quel point « les peuples » semblent aujourd’hui mener cette guerre sur deux fronts qui se mélangent naturellement, j’ai nommé la classe politique et l’oligarchie financière. L’illusion que ces deux organes travaillent au bien être des peuples est en train de tomber, et il ne m’étonnerait guère que ceux-ci finissent rapidement par se mettre d’accord sur l’adoption rapide de mesures coercitives de surveillance et de contrôle de la toile, comme avec le traité ACTA.

 

Car ce à quoi on assiste en ce moment est tout de même assez incroyable : en quelques jours à peine se rejoignent pour moi les trois facteurs déterminants capables de pousser les peuples à se révolter.

 

Tout d’abord il y a la mise en lumière des mensonges de nos dirigeants à travers l’affaire Wikileaks, qui ouvre la voie à la possibilité d’un grand déballage « protégé », puisque les sources sont (du moins paraît-il) à l’abri de toute menace. Et bien qu’apparemment les révélations diffusées ne concernent que quelques informations « mineures », le fondateur de ce site est désormais un homme « à abattre ». Car au delà de ces révélations, c’est tout le système occulte qui nous gouverne qui se trouve en danger : à partir du moment où ce genre d’actions est possible, les gouvernements ayant peur de voir leurs petites « combines » dévoilées vont se dépêcher d’adopter des législations les empêchant de se reproduire. D’autant qu’à cette occasion on devra aussi sans doute s’interroger sur la « libre circulation des personnes », car ce monsieur qui voyage beaucoup mais dont les infos sont stockées n’importe où est presque insaisissable… comment fermer la porte sans fermer la fenêtre ? Qu’adviendrait-il si les citoyens se rendaient compte qu’il est possible de dénoncer les exactions de leurs dirigeants sans risquer de se voir punir ? ce sont toutes les ficelles du système qui seraient à terme visibles par tout un chacun… ainsi peut-être que la fin de la domination de quelques uns sur le plus grand nombre.

 

Ensuite il y a le fameux « Bankrun » organisé le 7 décembre, et qui en moins de deux mois a déjà franchi de nombreuses frontières. Comment un tel mouvement aurait-il pu se diffuser se rapidement, si loin et si fort sans internet ? Ces réseaux sociaux que tout le monde critique, ces blogs que tout le monde croit éphémères, ces happening que tous jugent stupides, ces twitts que l’on dit inutiles peuvent en fait se révéler être des armes libératrices, pour peu qu’on les utilise en ce sens. Comme une sorte de « bouche à oreille » virtuel, les informations pour le rassemblement citoyen et engagé vont aussi vite que les nouvelles de la rupture de telle ou telle star, et sont véritablement capables de faire changer le rapport de force qui oppose le peuple à ses dirigeants. Et en ces temps de crise, alors qu’on demande d’encore plus grands sacrifices à ceux qui souffrent déjà, l’internet a de quoi effrayer les gouvernements les plus sûrs d’eux.

 

Et enfin on trouve aussi sur la toile de nombreuses initiatives destinées à la mise en place d’alternatives plus ou moins utopiques pour remplacer le système actuel, un peu dans le genre de celles que je voulais voir fleurir ici, et qui ne pourraient exister autrement que grâce à internet. Pour ceux qui me lisent régulièrement, vous devez savoir à quel point la tenue d’Etats Généraux pour une nouvelle constitution me tenait à coeur, et il se peut que le site que j’appelais de mes voeux existe déjà, et depuis un moment : il s’appelle le Plan C, et appelle à la participation de tous à la reprise en main de notre destinée commune, à travers la rédaction d’une nouvelle constitution véritablement démocratique. J’en reparlerai bientôt ailleurs, mais une chose est déjà sûre : c’est que sans le support exceptionnel que nous fournit internet, de telles initiatives seraient impossibles, et nous serions bien alors coincés pour de bon.

 

Car en effet sans internet libre il devient impossible de s’informer « autrement » (sans la censure), de dénoncer les injustices, de diffuser ces informations, de se rassembler pour réfléchir, et aussi pour agir. En quelques jours nous est démontrée la puissance d’internet, le seul média libre qui existe encore, et qu’il faudra protéger à tout prix. L’internet rend possible d’éveiller les consciences endormies de propagande en les informant des actions de leurs dirigeants, qui ainsi discrédités se voient affaiblis. Il permet ensuite de rassembler les mécontents qui discutent des moyens de revendiquer leurs désaccords avec le gouvernement, et ouvre enfin des perspectives sur la manière d’organiser la société d’une autre manière, plus juste et plus démocratique. Tous les ingrédients d’une révolution citoyenne, pacifique et légitime sont réunis ici, sur internet. Conservons le pouvoir sur ce dernier espace de liberté qui nous est encore accordé, et utilisons-le à bon escient. Mais ne nous réjouissons pas trop vite de nos victoires : la riposte des ennemis de la liberté ne tardera pas…

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Bankrun 2010 ou le symbole du dysfonctionnement capitaliste

Posté par calebirri le 12 décembre 2010

C’est étrange, mais bien réel : une idée lancée avec force et conviction peut faire du bruit jusqu’au plus haut des Etats… et même faire peur aux banques, réellement. Mais depuis quelques jours, en même temps qu’est médiatisée cette idée de retirer notre argent de la banque le 7 décembre, les économistes de tous bords expriment leur scepticisme quant aux bienfaits d’une telle action.  Pour certains elle sera un échec cuisant inévitable, pour d’autres un pas de plus vers le gouffre qui nous attend. Et tout cela à coups d’arguments impossibles à vérifier tant la chose est nouvelle : en réalité, personne ne sait pas ce qui peut se passer.
Tout d’abord, il faut dire que ce mouvement, quelque peu spontané et non “professionnalisé”, n’a sans doute pas pris tous les paramètres en compte (mais qui le pourrait ?), ni même imaginé toutes les conséquences que pourrait avoir la réussite d’un tel mouvement. Car contrairement à ce que disent la plupart des commentateurs, la réussite du mouvement ne se jouera pas dans l’effondrement (ou pas) des banques, mais bien plutôt dans l’esprit des citoyens qui, par cette action, en viennent à se poser les vraies questions. Et elle est là, la vraie révolution. Les citoyens (qu’ils soient haut placés dans l’échelle sociale ou pas), en arrivent à discuter des conséquences d’une telle action, si elle se réalisait “pour de vrai”. Pour les gens “en haut”, cela signifierait le chômage pour les plus faibles, la fin des crédits, le défaut des banques… mais surtout la fin de leurs bénéfices justement faits sur le dos des “petits”, par la plus-value qu’ils dégagent de leur travail. Comme si on pouvait encore croire que les premiers se soucient du sort des seconds autrement que par la relation « dominant/dominé » qu’ils entretiennent…

 

Ensuite, il en est certains qui imaginent que ce sont les “gros » qui trinqueront, en évoquant que la banque est le soutien de l’économie, et que l’affaiblir serait comme se tirer une balle dans le pied. Mais qu’en ont à faire les centaines de milliers de personnes à qui le crédit est refusé, à qui les découverts s’augmentent d’agios toujours plus importants ? Il ne s’agit pas que quelques millionnaires retirent leurs millions, mais que les “petits” retirent tout ce qu’ils peuvent, c’est à dire tout ce qui reste (ou pas) une fois l’essentiel des prélèvements automatiques effectués. Retirer son découvert ne va pas vous rendre plus pauvre, et vous les aurez de toutes les façons dépensés comme d’habitude, avant de les avoir pu rendre. Votre prochain salaire comblera votre découvert précédent, et ce sera comme d’habitude, ou presque : car pendant ce temps-là, la banque ne se sera pas fait d’argent sur votre dos, en prêtant l’argent qu’elle a créé pour vous le prêter mais qu’elle n’a pas en réalité non plus (mais qui lui permet de réaliser, 24h/24, d’immenses bénéfices).

 

Mais enfin, répondrons les économistes forts savants, si vous empêchez la banque de gagner des sous sur votre dos, alors elle gagnera moins, et fera donc moins de crédits, moins d’emplois et blablabla… Et puis quoi encore? Il faudrait donc se laisser plumer jusqu’au bout, en laissant tout ce qu’on peut à la banque pour qu’elle nous donne, peut-être un jour, l’occasion d’avoir un prêt qu’il faudra rembourser avec moult intérêts, et puis en plus la remercier de l’avoir fait?

Il faudrait donc laisser les banques s’en mettre plein les poches avec notre argent, au titre qu’elles font (quand même) des emplois ? mais combien pourrait-on faire d’emplois supplémentaires si au lieu d’exiger 15% de rentabilité les actionnaires n’en demandaient que cinq? n’y aurait-il pas alors plus de crédits octroyés, plus d’emplois et blablabla ?

Non, cela est trop facile ! autant s’avouer vaincu dès maintenant et dire “faites de moi votre esclave”, et n’en parlons plus ! vouloir sauver les banques est appauvrir le peuple (et sa descendance), mais vouloir les couler c’est aussi l’appauvrir ? je crois qu’il y a une des deux propositions d’erronée, n’est-ce-pas ? Ou alors nous sommes perdants quoi qu’il arrive, et c’est cela qu’il faut retenir de cette réflexion…

Alors que faire ?

Et bien c’est là toute la question. Si tous ceux qui le peuvent retirent leurs quelques euros de la banque en même temps, de la même manière que les petits ruisseaux font les grandes rivières, la banque ne pourra pas suivre, car elle n’a en réalité que peu de liquidités (fonds propres) en sa possession. Tout le reste n’est qu’argent fictif, et c’est bien là toute la contradiction, toute la fragilité du système. C’est là que repose l’illusion de richesse de nos nations dites « développées », toute l’arnaque dont les peuples sont victimes : les banques se font de l’argent réel sur le dos de l’argent fictif qu’elles nous prêtent à des taux scandaleusement élevés, et ne gagnent leurs immenses bénéfices que grâce à la réalité de l’exploitation des petits salaires contraints de payer plus lorsqu’ils sont plus pauvres.

En retirant notre argent de chez eux, les petits ont justement plus à gagner que les gros : la banque est à la merci des premiers qui, s’ils retiraient jusqu’à leur découvert, la laisserait en faillite rapidement. Et s’ils ne venaient pas rendre cet argent ? Et si le mouvement se développait partout et prenait de l’ampleur ?

Ce n’est pas alors une action stupide ou dangereuse mettant en difficulté une ou deux banques, mais bel et bien le résultat de la prise de conscience des peuples qui diraient ensemble qu’ils refusent de continuer à jouer à ce jeu de dupes. C’est tout le système qui se retrouverait menacé d’effondrement, et les rapports de force qui seraient ainsi transformés… à l’avantage du peuple.

Et quoi qu’on en dise, à choisir entre le chaos imposé par nos dirigeants ou la révolution proposée par les citoyens, je préfère encore la seconde possibilité. A nous seulement d’en faire quelque chose de constructif, de positif : les moyens existent, et il faudra bien un jour qu’on se décide à les utiliser.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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